On a passé une grande partie de la matinée en ville à Exmouth, aux
toilettes publiques pour recharger nos ordis, nos portables (qui de toute façon
ne marchent pas), nos piles et appareils photos ; pour faire notre
vaisselle et faire le plein en eau et en essence.
Ensuite, on a pris la route en direction de Broome (à 1370kms de
là !!)… Donc on s’est dit qu’on essayait au moins de pousser jusqu’à Port
Hedland (940kms). On a roulé presque toute la journée en plein cagnard (comme
d’hab.),…, jusqu’à la tombé de la nuit. S’arrêtant ici et là pour remettre de
l’essence.
Sur le coup des 20h, on s’est arrêté sur un parking pour attendre nos
parigos (Sandy et Bérénice) et se dégourdir les jambes. Plus qu’une petite
centaine de kilomètres à faire et c’était bon. On repart (je venais de
reprendre le volant), et paf, 300m plus loin, le voyant de température dans le
rouge ! On s’arrête en catastrophe sur le bas côté ; appels de phares
aux backpackers qui avaient repris la tête ; mais ils ne nous ont pas vu,
ils ont continué leur chemin. Bref, on descend, pshiiittttt, pfff, fumée, eau
(ou plutôt liquide de refroidissement) qui dégouline partout ! On soulève
les sièges avants pour accéder au moteur…Yuk !!! Odeur dégoûtante de
chaud…je vous laisse imaginer à quelle vitesse la tension est montée en nous à
ce moment là : la nuit, au milieu de nulle part (bush australien),
personne d’autre, pas de réseau téléphonique, enfermés dans le van (à cause du
milliards de bestioles volantes, marchantes, rampantes…qui ont
rappliquées ; entre outre un cockroach énorme, volant,
sautant….AARRGGHH !!!) dans une température et une odeur insoutenable (du
au moteur), plus la bombe (asphyxiante) anti-moustiques dont Buche s’est
aspergé…un vrai cauchemar. On a essayé de se calmer. On a versé des litres et
des litres d’eau dans le radiateur ; sans aucun résultat. Buche tenait
absolument à faire les kilomètres qui nous séparaient de Port Hedland…même s’il
fallait s’arrêter tous les 5kms pour remettre de l’eau. C’est là que j’ai
décidé d’être intransigeante pour la première fois des vacances : pour la
survie du moteur et de nos réserves d’eau, il était hors de question de
reprendre la route. La seule solution était de poser le camp là pour la
nuit ; réparer au mieux le lendemain matin à froid, et essayer d’aller à
Port Hedland pour toutes les réparations. Au grand désespoir de Buche, on n’a
pas refait de kilomètres ce soir là. On s’est posé tranquillement, on s’est
calmé, on a allumé des bougies (qui ont tuées pas mal de moustiques) et on
s’est arrosé d’anti-moustiques.
Les Parisiens ne sont réapparus que vers 23h. Heureusement qu’on
n’avait pas fait un tonneau dans le bas côté ! On aurait eu le temps de
mourir 8 fois.